On savait que la présidente du conseil général possédait l’art et la manière de s’attirer les bonnes grâces du représentant de l’Etat. Chacun attendait, avec une impatience non dissimulée, le moment où le nouveau préfet Joël Fily remettrait vertement à sa place la douce Sarkozette.
Certes, il y avait bien eu quelques escarmouches, à la suite des attaques répétées de la présidente contre l’Etat, mais le préfet avait su les contenir avec sérénité. Vendredi dernier, le jour même du débat d’orientations budgétaires au conseil général, il n’a pu tenir plus longtemps, se fendant d’un communiqué courtois mais sec, soulignant que l’Etat contribuait à hauteur de 30 % au budget du Département d’Indre-et-Loire et qu’en 2009, ses dotations s’étaient élevées à plus de 173 M€, soit une augmentation de 2,37 % d'une année sur l'autre.
Cette mise au point avait un motif. Car, incapable de boucler son budget sans recourir à des artifices, Sarkozette a imaginé de faire payer à l’Etat un loyer pour les bâtiments qu’occupent les services de la préfecture. Prétention sans fondement légal, lui rétorque le préfet, rappelant au passage que l’Etat a dépensé 1,8 M€ ces trois dernières années pour l’entretien de ces locaux, soit l’équivalent des 600 000 € de loyer annuel que lui réclame notre effrontée bailleresse. Une vraie Thénardier sommeille en Sarkozette…
Malicieusement, le préfet suggère à la présidente de profiter l’an prochain des 8 ou 9 M€ du Fonds de compensation de la TVA que l’Etat est disposé à lui verser par anticipation, manne qu’elle a refusée en 2009 et qui lui aurait été pourtant bien utile pour équilibrer ses comptes. Si grippes-sous ils étaient, les Thénardier savaient au moins faire feu de tout bois.