S’il prône le développement durable, le président du Conseil régional n’économise guère l’énergie quand il doit se déplacer. Pour rejoindre à tire-d’aile ses amis socialistes et sa cheftaine Martine Aubry au meeting de Clermont-Ferrand, le 4 mai dernier, il n’a pas hésité à affréter, aux frais de la collectivité, un avion-taxi. Qui n’est pas, comme chacun le sait, un mode de déplacement très écologiquement responsable.
Ce même 4 mai, François Bonneau avait pourtant consacré une après-midi tout entière aux économies d’énergie. A 15 h, il visitait une PME qui développe des solutions pour consommer moins de courant ; à 16 h, il en visitait une autre qui fabrique des convertisseurs pour l’électricité d’origine photovoltaïque ou éolienne ; à 18 h enfin, il ouvrait les travaux du Forum territorial d’Amboise, à la salle des fêtes de la ville, dans le cadre de l’Agenda 21, un plan d’action en faveur du développement durable auquel souscrit l’exécutif socialiste de la Région Centre.
Mais le président Bonneau s’est éclipsé très vite de la salle des fêtes d’Amboise. Et pour cause, il était attendu à l’aérodrome de Dierre, à une dizaine de kilomètres de là, pour embarquer dans un petit appareil quadriplace qui devait l’emmener à Clermont-Ferrand où débutait à 19 h le grand meeting socialiste pour les élections européennes. Le monomoteur a décollé de Dierre à 18 h 45 et atterri à Clermont-Ferrand aux alentours de 20 h. Le président Bonneau aura pu ainsi tenir son rang au côté de la tête de liste parachutée Henri Weber et surtout assister au grand discours de Martine Aubry, prévu pour 20 h 30.
Nous avons de bonnes raisons de croire que le conseil régional du Centre a réglé la facture, aux frais du contribuable. Pour un trajet aller-retour sur cette distance, il faut compter entre 2 000 € et 3 000 € sans la TVA. Mais le président Bonneau a peut-être l’intention de réintégrer cette somme dans ses comptes de campagne pour les prochaines élections régionales.
En tout cas, les socialistes auront appris une chose. A la Région, il n’y a peut-être pas de pilote dans l’avion, mais François Bonneau est installé confortablement sur le siège passager.